Pourquoi sommes nous de mauvais orateurs ?

Jeudi 30 novembre 2017

Pourquoi sommes nous de mauvais orateurs ?

Pourquoi sommes nous de mauvais orateurs ?

 

Phrase résumé de l’article :

Force est de reconnaitre que les bons orateurs appartiennent au passé. Pourquoi ? Comment en sommes nous arrivés là ? Etre un bon orateur n’a rien de naturel. L’art oratoire n’exige qu’apprentissage et confiance en soi.

 

La clef perdue de l’art oratoire.

« Tais toi, ne coupe pas la parole, tu dis n’importe quoi, articule, tu manges les mots » Que de phrases accusatrices et dévalorisantes avons-nous entendues dans notre enfance dès que nous ouvrions la bouche. Rares sont ceux qui se sont vus encourager dans leurs prises de parole en public par leurs parents, enseignants ou guides comme c’est le cas notamment dans la culture anglo saxonne.

La parole est toujours scrutée, critiquée, décortiquée. La petite fausse note est recherchée, soulignée, dénoncée.  L’enfant soumis à ces critiques permanentes sur ses prises de parole prend peur et perd l’habitude de s’exprimer. A quoi bon je suis toujours critiqué se dit-il.

Rares sont les enfants s’étant vus encouragés à parler, se voyant gratifiés de compliments sur leurs expressions orales.

Pourquoi est ce ainsi ? Pourquoi cette attitude si critique face à nos expressions orales, génératrice de tant de peurs et de découragement.

C’est que l’art de bien parler apparait toujours comme étant un don de la nature. Les bonnes fées se seraient penchées sur le berceau du futur orateur et lui auraient donné langue déliée, mots faciles et bel esprit.

Apprendre à s’exprimer ? Inutile puisque c’est un don.

Apprendre à argumenter ? Inutile puisque c’est un don.

Apprendre à débattre ou discourir ? Inutile puisque c’est un don.

Il n’est que voir l’admiration béate que certains portent à nos bons orateurs. « Quel tribun, quelle verve, il est vraiment doué. Quel talent ! »

Il ne vient à l’esprit de personne que le bel orateur a appris son art. Qu’il s’est formé, à lu, est tombé et s’est relevé. S’est ridiculisé dans des débats dont il est sorti perdant, sans se décourager pourtant.

Impossible puisque c’est un don.

Oui, c’est un don. Mais la bonne nouvelle, c’est que ce n’est pas qu’un don. Que le don ne suffit pas. Loin s’en faut. Que sans travail, le don, aussi beau fut il ne sera plus rien.

Que le don n’est que le soubassement utile et nécessaire au travail indispensable que doivent fournir tous ceux qui veulent devenir de bons orateurs.

Travail et talent, nature et culture. Seul ce couple magique agit.

 

Allier nature et culture.

 Si la nature a fait de vous un être doué pour le langage, ayant la parole facile, forte et précise, alors vous êtes bénis des Dieux. Hélas, cela ne suffira pas. Il vous faudra vous former d’abord, lire, afin d’avoir de la culture et par conséquent du vocabulaire.

Vous former ensuite à l’art de bien parler : Rhétorique, grammaire, logique, stratégies de communication.

Ces savoirs ne sont pas instinctifs, ils doivent être appris. Il sera alors nécessaire de s’inspirer des orateurs du passé qui suivaient une formation rigoureuse dans ces domaines. Cet apprentissage, allié à notre pratique fera de nous des praticiens ; et seule la pratique fera de nous de bons orateurs.

Cela ne suffira pourtant pas. En plus de  nos bonnes dispositions, de notre travail rigoureux, nous devrons cultiver certaines aptitudes et c’est ici qu’il nous faudra souvent affronter nos vieilles peurs.

Quelles peurs ?

Celles de notre enfance, qui souvent, nous ont ôté la confiance en soi. Cette petite voix de notre parent qui nous répétait que notre voix n’était pas belle, que nous parlions mal, que notre parole d’enfant ne valait rien.

La voix de cet instituteur qui se moquait de notre débit rapide. Celle du petit ami qui nous reprenait à chaque mot incorrect.

Cette époque est révolue et il nous faut nous affirmer.

Un orateur doit être capable de s’imposer, de faire preuve d’un minimum de théâtralité. Il doit « dominer » son public, qui est venu pour l’écouter, qui veut un bon streap tease. Les pudeurs sont ici totalement mal venues.

Un bon orateur n’est jamais pudique, il s’offre, il se donne.

 

Vers un retour aux sources.

La grande difficulté de notre époque consiste à retrouver cette magnifique clef perdue de l’art oratoire.

En effet, il apparait que dans ce domaine, tout le monde suit tout le monde et que la modernité semble l’horizon indépassable de l’art oratoire.

Cela nous parait compliqué car nous sommes devenus compliqués. Cependant, si nous étudions le passé des bons orateurs, nous y trouvons un point commun entre tous : l’amour du savoir, de l’apprentissage, de la culture et des lettres.

Il nous faut effectuer le même chemin si nous souhaitons devenir un bon orateur. Nous devons passer outre les mauvais regards et les mauvais jugements que beaucoup auront sur vos prestations.

Il nous faut avancer, sans nous décourager vers une pratique nourrie de lectures, d’apprentissage. Nous avons l’immense chance d’avoir à notre portée de nombreux outils techniques que n’avaient pas nos ancêtres (vidéos, livres nombreux, formations accessibles…).

Nous ne devons pas non plus avoir peur de faire des retours arrière, dans le passé.

Nous devons cultiver une saine confiance en soi et ne pas avoir peur de nous mettre en scène, de faire le show. Pour le plus grand plaisir de nos auditoires. Mais aussi pour transmettre et donner envie à d’autres, les timides, les timorés, qui n’oseraient pas se lancer.

“L’éloquence est un don et un art” disait M. Villemain. Rien n’est plus vrai et cela devrait encourager tous ceux qui pensaient que le talent dépassait le travail ou que le travail étouffait le talent.

 

FIN

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