La peur de parler en public, c’est la peur d’être jugé.

 

La peur, c'est la peur d'être jugé.
                           La peur, c’est la peur d’être jugé.

 

Phrase résumé de l’article :

Le trac est le drame de l’orateur. Il nous désarme, nous hante, nous désarçonne et nous fait même quelquefois renoncer. Nous devons mieux le comprendre afin de mieux le maitriser.

 

Le trac, ce rayon paralysant

 Quel orateur, apprenti comme professionnel, n’est pas saisi par le trac au moment de devoir prendre la parole en public ? Quel orateur ne sent pas le sol se dérober sous ses pieds avant de parler devant un oratoire mince ou nombreux ?

Tous, nous ressentons cette peur désagréable, ces sensations de terreur, le cœur qui bat, une surexcitation que rien ne calme, une nervosité qui grandit d’heure en heure.

Notre imagination folle nous fait croire alors que nous seront mauvais, que nous allons avoir des trous de mémoire, bégayer, rougir, trembler au point de perdre le fil de sa pensée.

Hélas, cette sensation est commune a de nombreux orateurs qui doivent s’exprimer. Plus le moment approche et plus nous perdons nos moyens. Même si nous sommes entrainés, nous envisageons toujours le pire. Quelle est donc cette peur qui nous paralyse et bloque souvent le meilleur de nous même ?

Quelle est cette frayeur qui nous fait tout voir en noir, allant dans les cas extrêmes jusqu’à nous faire oublier notre discours et pire, allant même jusqu’à nous rendre incapables de lire nos notes.

 

La peur d’être jugé

Le trac est avant tout la peur d’être jugé. D’être mal jugé. Mal jugé comme orateur avant tout. Nous craignons que notre prestation soit perçue comme mauvaise. Nous craignons que nous ne serons pas capable de convaincre, pas capables d’emporter l’adhésion, de retenir même l’attention. Pire, nous imaginons un public hostile, au jugement dur et sans appel, traquant la moindre faute ou le moindre faux pas.

Ce que nous ignorons, c’est que dans l’immense majorité des cas, le public n’est jamais hostile. Il est venu vous écouter, écouter votre expertise, qu’il reconnait. Le public est avant tout perspicace et paresseux. Souvent bienveillant, jamais hostile.

Perspicace car il saura détecter parfaitement ce qui va et ce qui ne va pas dans notre prestation. Paresseux car il ne doit pas avoir a faire d’effort.

C’est ici que  notre tract peut être facilement piégé. Nous avons le trac non seulement parce que nous manquons d’entrainement (nous avons vu que de nombreux orateurs entrainés ont pourtant toujours le trac) mais surtout parce que nous manquons de métier et de technique.

C’est ici qu’avoir une technique solide peut nous aider à vaincre grandement le trac du moins à le diminuer largement.

Nous devons avant tout connaitre l’importance de l’ancrage. Notre corps doit être parfaitement placé dans notre espace de parole. Notre dos doit être très droit, libérant ainsi notre colonne d’air et chassant par là le trac. Notre regard doit être en lien permanent avec notre public, notre voix doit être puissante et placée. Sourire détend aussi le corps et chasse le stress.

Voila pour le corps.

Ensuite le fond. Nous devons connaitre et parfaitement maitriser notre sujet. Avoir préparé notre intervention par des répétitions. Avoir un plan de progression en tête.

Si nous ne savons pas ou nous allons, nous n’irons nulle part.

Si nous maitrisons parfaitement la technique de l’art oratoire sur la forme et sur le fond, nous aurons moins peur. Parler sera au contraire agréable. Nous aurons l’impression d’offrir à notre public un partage agréable et un échange fructueux.

Il arrive cependant que malgré notre entrainement et une connaissance de la technique, notre peur persiste. De quoi s’agit-il ?

Il faut dépasser la peur du regard des autres

 Nous devons aller au bout de notre peur d’être jugé et nous interroger. Et après ? En quoi le jugement que l’on aura sur ma prestation, même s’il est négatif devrait m’atteindre. Pourquoi serait-il négatif si j’ai tout donné ? Et s’il est négatif, ne peut il me permettre de progresser, de prendre conscience de mes lacunes et de m’améliorer. Le regard des autres devient alors la boussole qui nous permet d’avancer. La loupe qui pointe nos défauts et nous aide à les corriger.

Nous pouvons alors en interrogeant notre peur l’apprivoiser et la dépasser. Le plus efficace étant de ne pas lutter contre elle mais de l’accepter. Le courage n’est pas de ne pas avoir peur, le courage est de marcher sur sa peur et d’agir. En vous lançant même en tremblant, vous apprendrez à vaincre lentement mais surement votre peur.

Ce dépassement de vos limites vous apprendra à devenir meilleur. Lorsque l’on observe les premières prestations des grands orateurs, elles étaient souvent médiocres. Ce n’est qu’à force d’entrainement, de persévérance et de technique que ces orateurs ont progressé et sont devenus des maitres. Ils ont marché sur leur peur, ils ont osé se mettre en avant. Ils ont accepté la part de théâtralité que contient l’art oratoire.

Cette acceptation est d’autant plus prometteuse qu’elle est faite pour le public. Si vous n’avez que comme objectif de servir votre public, de lui donner vos connaissances, et non de faire le show pour vous seul, alors votre trac sera englouti par la joie que vous aurez de donner. Et la joie de donner sera toujours payée d’applaudissements qui comme chacun le sait, sont le salaire de l’orateur.

 FIN

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