” Je ne sais pas débattre”.

lundi 14 aout 2017

Apprendre à débattre, c'est apprendre à se battre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Je ne sais pas débattre, je m’énerve vite et je tente d’imposer mon point de vue. L’effet est alors désastreux car je créée des résistances et que je m’embrouille.

Comment apprendre à débattre ? “

Franck, Paris

Réponse.

Franck

Vous avez parfaitement analysé la conséquence de votre attitude. Vous tentez d’imposer votre point de vue, de manière forte et passionnée, et alors, vous créez de la résistance et du refus. Ce faisant, vous ne pouvez convaincre.

Que faire ?

Il faut distinguer discuter et débattre.

Le débat n’est pas une discussion entre amis. C’est un argumentaire structuré dont le but est de convaincre  de la justesse de son point de vue.

La première condition de notre réussite est de connaitre son sujet davantage que son interlocuteur. Car le débat repose sur les arguments et c’est la force de ces derniers qui fera la différence.

Il faudra ensuite hiérarchiser vos arguments :

  • argument causal :        « Si vous faites cela, il se passera ceci »
  • argument historique : «  En 1830 lorsqu’on essayé cette recette on sait ce que cela a donné…[…] »
  • argument empirique (basé sur l’expérience)
  • argument d’autorité (un tel a dit (sous condition qu’un tel soit une figure unanimement écoutée et respectée).
  • L’argument analogique : «  Comme les chats ne font pas des chiens, […..]… »

Par ailleurs, votre succès, le succès de vos arguments va beaucoup dépendre de votre public.

Il sera en quelque sorte le juge de paix. Tenez compte de lui. Si vous avez un public, et que c’est lui que vous devez convaincre, ne tentez pas de convaincre votre interlocuteur qui n’est qu’un pont, un intermédiaire.

  • Utiliser images, formules et slogan afin de laisser une trace dans l’esprit de votre interlocuteur ou de votre auditoire. L’idéal est une phrase simple et affirmative, pleine de bon sens.

Exemple : « Tout enfant a besoin d’une dualité, d’un père et d’une mère ».

  • Redressez vous, tenez vous droit, et regardez bien votre interlocuteur dans les yeux, et là, miracle, tout change : vous respirez mieux avec un dos placé et la colère n’a pas sa place.
  • Ayez une respiration ventrale.
  • Ne pas se focaliser exclusivement sur ses arguments mais écouter ceux de votre interlocuteur, afin d’en déceler la faille.
  • Ne pas couper la parole mais être dans une écoute active.

Si vous sentez que vous perdez la partie, abattez la meilleure carte du débat :

  • La maïeutique ou  l’art de questionner l’autre.

Il s’agit de mettre l’autre face à ses contradictions.

Exemple : votre débatteur soutient que l’Union Européenne nous protège des guerres. Vous l’interrogez alors : «  Vraiment ? Il n’y a pas eu de conflits en Europe depuis la création de l’Union Européenne ? »

Votre interlocuteur est piégé car il connait le conflit yougoslave. Vous avez démoli son argument.

Débattre, c’est battre. Battre l’autre, le mettre KO. Attention, il ne s’agit nullement de rabaisser l’autre ou pire, de l’humilier. Il faut exclusivement se placer sur le terrain des idées et il s’agit alors de démontrer la supériorité de son raisonnement sur celui de l’autre. Et ce avec des arguments, des exemples, des faits, des chiffres, des précédents.

Il faut être zen et décontracté, comme détaché, le calme étant gage de confiance en la force de ses arguments, avoir davantage une attitude d’expert rationnel que d’avocat bouillant

Être plus dans la stratégie défensive, laisser l’autre venir sur son propre terrain plutôt que d’aller sur le sien, ce qui est toujours risqué.

  • La tactique de l’équilibre :

Le meilleur débatteur sera toujours celui qui aura une vision globale et qui tiendra compte des intérêts du plus grand nombre.

En conclusion :

Ne redoutez pas ces débats, ne les évitez pas, au contraire, allez y et analyser froidement votre attitude, si possible durant le débat, comme en vous dédoublant. Vous vous améliorerez par la pratique. L’analyse de votre colère pourra aussi vous aider à prendre du recul mais aussi a soigner vos indignations qui ne sont que l’expression d’une colère plus profonde et probablement située ailleurs que dans le contenu du discours qui n’est qu’un prétexte à l’exprimer.

Bon courage

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