Pourquoi il faut s’inspirer des Orateurs du passé.

Pourquoi il faut lire et s’inspirer des Orateurs du passé.
                  Il faut s’inspirer des Orateurs du passé.

 Phrase résumé de l’article :

       Nous admettons que l’art de bien parler s’est perdue. Si nous sommes d’accord sur le constat, nous refusons, en bons modernes, d’admettre que notre mépris du passé est une des causes de ce savoir perdu.

L’homme moderne n’aime pas le passé

Nous n’avons de cesse d’admirer les orateurs du passé : ils parlaient bien, avaient du vocabulaire, une bonne syntaxe, connaissaient les figures de style, s’attachaient à la connaissance de la philosophie, de la logique. Leur articulation était musclée, leur voix posée et bien timbrée. A les entendre, on se sentait emporté, séduit. Ils savaient nous convaincre et même lorsque nous n’étions pas d’accord avec eux, ils ne nous ennuyaient jamais.

Si nous les admirons et reconnaissons leur talent oratoire, nous ne les imitons pourtant pas. L’homme moderne voit l’orateur du passé comme doué certes, mais poussiéreux, désuet, dépassé. Lire de grands textes pour avoir du vocabulaire ? A quoi bon ! Nous avons ordinateurs, tablettes, écrans plats qui nous donnent toutes les connaissances voulues dans la minute.  Les dictionnaires, les encyclopédies ? Dépassées, avoir un langage châtié fait ringard et précieux, poussiéreux, il faut parler jeune et branché. Muscler son articulation ? Cela rappelle par trop les voix ampoulées de ces journalistes des années d’avant guerre, c’est sophistiqué et pas naturel.

Mais alors quoi ? Nous reconnaissons le talent des orateurs du passé et ne leur trouvons que des défauts dans le même temps. N’ont-ils vraiment rien à nous apprendre ?

Les orateurs du passé ont tout à nous apprendre.

          Les orateurs du passé, comme les peintres, les musiciens d’alors, s’inspiraient de leurs aînés. Non pour les copier servilement mais pour utiliser leur technique, et trouver leur  style.

Ils ne pensaient pas que l’art naissait avec eux. Ils étaient conscients et reconnaissants aux anciens de tout le savoir accumulé, de tout le travail acquis, des recherches transmises, génération après génération.

Ils n’avaient ni l’orgueil ni la paresse des modernes. S’ils admettaient volontiers l’existence d’une prédisposition au talent oratoire, ils ne négligeaient pas pour autant l’importance du travail, de l’apprentissage, de la technique et de la pratique. Ils mettaient cette technique au service de leur art et de leur talent. Loin de se comporter en médiocres copieurs, ils savaient de plus, adapter le savoir acquis des anciens aux exigences de leur époque. C’est ainsi qu’ils ont su faire évoluer l’art oratoire tout en l’assimilant pour mieux le dépasser.

Nous voyons les Grecs réciter leurs textes qu’ils avaient préparés laborieusement et appris par cœur. La forme compte beaucoup pour eux, le discours est découpé en 5 parties rigides voire en 6, et hiérarchisées : l’exorde, la proposition, la narration, la confirmation, la réfutation et la péroraison. Cicéron, plus tard, va faire évoluer sans l’abandonner, ce format, pour s’attarder davantage sur les trois piliers logos, ethos et pathos, à savoir, l’importance de plaire, d’émouvoir et de convaincre. S’inspirer des anciens, n’empêchait nullement d’être créatif.

La connaissance du passé, pour mieux le dépasser

           Nous le voyons, les grands orateurs du passé nous ont laissé les bases les plus solides de leur art. Des bases et des enseignements si forts que leurs démonstrations éclatantes n’ont cessé de traverser les ans.

Si certains de ces enseignements, de ces techniques nous semblent désuets et dépassés comme la déclamation ou la théâtralité vocale, la grande majorité  doit être redécouverte et appliquée pour qui veut devenir un bon orateur.

En effet, si ces techniques ont été suivies et appliquées par des générations d’orateurs qui n’ont eu de cesse de les suivre pour les perfectionner, elles ne sauraient être inopérantes pour l’homme moderne.

C’est la raison pour laquelle, lire et s’inspirer des orateurs du passé, loin de faire de soi un orateur ringard et démodé fera de nous des orateurs brillants et éclairés, comme le furent ces grands orateurs du passé pour s’être inspirés de leurs aînés.

Fin

 

Poster un Commentaire

Veuillez Connexion pour commenter

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

  S’abonner  
Notifier de