Qui se justifie se crucifie !

Le 8 aout 2017.

qui se justifie se crucifie

 

Staline disait : « Lorsque tu débats avec un homme, traite le du pire. Le temps qu’il passe à se justifier est du temps qu’il n’emploie pas à argumenter et aller sur le fond »

Cette morale cynique est des plus actuelles. Notre époque, pétrie de moraline n’a de cesse lors de débats passionnés, de  vite utiliser l’insulte et l’accusation afin de neutraliser l’adversaire. Ce dernier, pétri lui aussi de politiquement correct va alors se justifier. Il va en faire des tonnes et des tonnes pour prouver, que non, il n’est pas coupable, que non, il ne voulait pas dire cela, qu’il ne voulait surement pas blesser telle ou telle catégorie, que d’ailleurs il s’en excuse bien bas. Que ses propos ont été mal interprétés….

Que s’est il passé ? Il n’a pas argumenté, il a lâché le morceau à l’adversaire. Il est allé sur son terrain afin de lui fournir des gages de respectabilité, au point même d’en oublier son sujet.

Staline avait raison.

Et pourtant. Imaginez plutôt les 2 situations suivantes avec une personne qui tombe dans le piège de la justification et une qui refuserait d’y tomber.

Il est nuisible de se justifier.

A : Demain nous passons la journée avec Delphine et Jacques. On  déjeunera avec eux et l’après midi on ira pêcher des brochets, j’ai acheté des appâts.

B : Je n’y tiens pas du tout, ils sont insupportables de vulgarité et je déteste la pêche, et puis, passer 3 heures à table, très peu pour moi.

A : Tu plaisante j’espère ? Comment peux-tu parler comme ça de ma famille ? Jacques est mon frère. Tu oublie ce qu’il a fait pour toi ? Il t’a prêté une voiture  quand la notre est tombée en panne. Et Delphine ? C’est parce qu’elle est smicarde que tu la méprise ? Qu’elle n’a pas fait de hautes études comme toi Monsieur l’ingénieur ? C’est du mépris social. Comment peux-tu parler ainsi de gens si méritants malgré leurs petits revenus. ?

B : Mais pas du tout. Je respecte tout le monde, il ne s’agit pas de cela. D’ailleurs mes grands parents étaient de petits paysans et ma tante, qui m’a élevé, a travaillé 30 ans dans une usine comme simple ouvrière. Je ne juge pas les gens sur leurs revenus, pas du tout.

A : Alors pourquoi refuser de les voir ?

B : C’est bon, on les verra, mais je ne veux pas que tu pense que je les méprise, je n’ai aucun mépris pour eux.

Staline a gagné.

Voyons maintenant comment notre ami qui n’aime ni la pêche ni sa belle famille aurait pu manœuvrer afin de s’affirmer.

Renvoyer l’autre à ses démons.

A : Demain nous passons la journée avec Delphine et Jacques. On  déjeunera avec eux et l’après midi on ira pêcher des brochets, j’ai acheté des appâts.

B : Il n’en est pas question. Je n’en ai aucune envie.

A : Tu plaisante j’espère ? Comment peux-tu refuser de voir ma famille ? Jacques est mon frère. Tu oublie ce qu’il a fait pour toi ? Il t’a prêté une voiture  quand la notre est tombée en panne. Et Delphine ? C’est parce qu’elle est smicarde que tu la méprise ? Qu’elle n’a pas fait de hautes études comme toi Monsieur l’ingénieur ? C’est du mépris social. Comment peux-tu parler ainsi de gens si méritants malgré leurs petits revenus. ?

B : Je ne refuse pas de voir ta famille. Je refuse que tu m’impose ce dont je ne veux pas. Tu n’a pas à décider pour moi.

A : C’est parce qu’ils sont pauvres que tu ne veux pas les voir, tu déteste les pauvres.

B : C’est ton opinion et je te laisse à tes obsessions que je ne veux pas nourrir.

A : Alors pourquoi refuser de les voir ?

B : Je te l’ai dit, je n’en ai aucune envie, veux tu que je me force à faire une chose dont je n’ai aucune envie ?. Vas y si tu veux, moi je n’y vais pas, et la prochaine fois, demande moi mon avis, et j’en changerai peut être. Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis.

Que s’est il passé ? L’interlocuteur accusé, acculé de se justifier a refusé tout net de le faire. Comment ? En ignorant les dites accusations et mieux, en les renvoyant à l’expéditeur : « C’est ton opinion et je te laisse à tes obsessions que je ne veux pas nourrir ». Ce faisant, l’accusateur n’a plus l’arme de la déstabilisation qui est la demande de justification. Il est alors face à lui-même.

De plus, la chute laisse entrevoir une ouverture pour l’avenir, qui serait peut être positive, ce qui évite de fermer le dialogue dans un refus borné : « la prochaine fois, demande moi mon avis, et j’en changerai peut être. Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis ».

Staline a perdu.

Disons ce que l’on pense et affirmons nous.

Refusons les sottes révérences aux demandes de justifications qui nous affaiblissent et pire, nous font passer pour des pleutres, des velléitaires, des lâches  n’assumant pas leurs propos.

Pensez vous que vous ne blesserez jamais personne et que personne ne vous blessera jamais durant toute votre vie ?

Soyons toujours ferme, fier et franc dans notre affirmation. Sans jamais être grossier ou injurieux, affirmons calmement ce que nous pensons et renvoyons ceux qui vous veulent nous déstabiliser en nous entrainant sur le terrain moral, à eux même, à savoir, de petits sergents de la pensée unique qui veulent nous manipuler par l’émotion afin de nous faire adopter leurs points de vue ou renoncer aux nôtres.

En agissant ainsi, notre prise de parole sera respectée. Les bons orateurs ont toujours eu une pensée franche et audacieuse.

Se justifier est donner à l’autre autorité sur soi. C’est lui céder son pouvoir, sa parole et sa pensée. C’est lui permettre de nous imposer ses valeurs et ses tabous, ses amis et ses ennemis, qui ne sont pas forcément les nôtres.

Vos opinions sont liées à votre histoire, unique et personnelle. Personne ne peut vous contraindre à renter dans le moule commun si vous ne le souhaitez pas.

Il est inutile de perdre son temps à se justifier. En effet, ceux qui vous aiment et vous comprennent vous croiront et accepteront vos idées, quelles qu’elles soient, quant aux autres, comme le disait François Mitterrand face aux « amis » qui l’avaient lâché dans l’affaire Bousquet : « C’étaient pas des amis ».

FIN

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