Comment se préparer avant une prise de parole en public ?

Lundi 30 octobre 2017

Comment se préparer avant une prise de parole

Une prise de parole en public est un grand stress pour ceux qui ne sont pas entrainés.

Ici et là, nous sommes pourtant abreuvés de conseils :

– comment lutter contre le trac

– comment  bien respirer

– comment dominer son public

– comment  regarder son auditoire afin de ne pas se laisser intimider.

– comment s’aider en méditant, en se relaxant avant l’intervention….

Si tous ces conseils sont utiles et souvent efficaces, force est de reconnaitre que nous passons souvent à côté du meilleur des conseils.

Si nous passons à côté, c’est probablement parce qu’on pense que ce conseil est couteux, difficile et laborieux.

Et pourtant, lorsque nous le pratiquons, nous sommes assurés de réussir notre prise de parole.

Parler sans préparation, c’est prendre la route sans savoir ou l’on va.

Si vous devez prendre la route pour aller dans une région lointaine et inconnue, vous allez vous renseigner et préparer votre voyage : Un gps, de la nourriture pour la route, des pauses prévues. Vous allez vous renseigner sur le climat, sur l’esprit de ceux qui vous accueillerons. En aucun cas, vous ne partirez à l’aventure sans avoir préparé un minimum votre voyage.

Et pourtant.

Nous sommes habitués à ne pas préparer nos interventions orales. Ou très peu. Ou pire, de nous en préoccuper la veille comme des enfants affolés qui doivent rendre un devoir le lendemain et n’ont rien préparé la veille.

Dès l’école, nous étions souvent cet élève moyen qui apprenait à la dernière minute. Qui rendait sa copie toute fraiche du matin, qui bachotait les quelques semaines précédant l’examen qu’il aurait pu préparer avec succès l’année durant.

Ce faisant, notre cerveau ne peut digérer et assimiler tout ce savoir qui le gave et qui part très vite dans la mémoire courte.

Que faire. ? Il faut se préparer.  Se préparer en avance et bien en amont.

Nous rechignons à nous préparer car nous pensons que ces répétions ne servent à rien, que nous nous chargeons inutilement, que seul le jour J sera capital.

Et beaucoup vont même dans ce sens : « A quoi bon ? Ce sera du réchauffé, on ne se baigne jamais deux fois dans la même eau »….

La préparation, loin d’être une perte de temps va pourtant grandement nous aider.

Comment ?

Avant tout, la préparation va nous familiariser avec le jour J. En nous préparant, nous allons apprivoiser ce qui nous fait peur et ainsi le rendre moins effrayant.

Il faut répéter. Nous devons nous  mettre dans les conditions de la prise de parole en public.

Il faut pour cela tout border et ne rien laisser au hasard.

Comment se préparer en amont ?

– Il vous faut gérez tout l’aspect matériel de votre intervention : votre ordinateur doit être chargé, pensez à vous équiper d’un chargeur. Prévoyez des feutres sachant que ceux qui sont fournis sont souvent hors d’usage.

Pensez à avoir au minimum une bouteille d’eau, des mouchoirs, des cartes de visites, des stylos, a éteindre votre portable, avoir un micro cravate.

Parler assèche et rien n’est pire que de n’avoir ni un mouchoir pour s’éponger si l’on transpire ni une goutte d’eau si l’on meurt de soif.

– Il vous faut bien connaitre votre public : Il est très important de bien connaitre son auditoire. En effet, vous devez plaire à votre public, le convaincre et l’émouvoir.

Cela passe par sa connaissance. Négliger la connaissance de son public peut vous faire totalement échouer.

Exemple : Si vous devez intervenir dans une réunion politique sur la nécessité de faire des économies budgétaires, vous n’allez pas, face à un public composé en majorité de fonctionnaires, parler de la nécessité de supprimer des postes de fonctionnaires.

Ne heurtez pas votre public. C’est inutile et inefficace. Tenez compte de sa sensibilité, sans quoi vous allez vous le mettre à dos et quelle que soit votre expertise, il ne vous écoutera pas.

Après avoir géré l’aspect externe de votre intervention et cerné votre public, nous allons entrer dans le cœur de la préparation.

La préparation, c’est aussi du travail

Chez vous, vous allez répéter face à un public imaginaire. Sans notes. Cela afin de  voir ce que vous n’avez pas en tête. Cet exercice est très efficace. Il est appliqué avec succès par tous les premiers de la classe. Il s’agit de répéter de tête en vous enregistrant. Vous verrez alors quelles sont vos blancs. Quels sont les endroits où rien ne sort. Et comme ces blancs vont vous marquer, vous allez les mémoriser.

Comment retenir facilement ?

La hantise de l’orateur, c’est le trou noir. D’où la nécessité pour lui d’avoir des notes et même la tentation de la facilité de les lire totalement. Quelles sont les bonnes règles en la matière ?

Faites un plan et suivez le.

Il est inutile de rédiger et d’apprendre votre intervention par cœur. Si vous le faites et que vous vous accrochez à votre texte comme à une récitation, gare aux trous de mémoire qui vous laisseront désarmés et secs.

De plus, si vous récitez votre intervention, cela se sentira. Votre voix manquera de vie.

Si vous écrivez votre intervention et lisez votre texte, vous perdrez le contact visuel avec votre auditoire et ne serez pas bon. Votre intervention ne sera pas vivante, vous ne serez qu’un lecteur et pas un orateur.

De plus, si vous êtes interrompu, vous aurez du mal à reprendre le fil là ou il s’était brisé.

Que faire ?

Il faut faire un plan. Vous devez alors connaitre uniquement les parties importantes de votre intervention : l’introduction, le corps de l’intervention, la synthèse et une conclusion.

Vous pouvez noter sur un papier les grandes lignes de votre discours et jeter un regard furtif sur vos notes. Vos points notés seront alors les jalons de votre discours.

Si vous voulez parler sans notes, ce qui ne manquera pas d’impressionner votre auditoire, il existe une technique très performante : la technique du Palais ou technique des lieux.

Déjà connue des Grecs, elle est encore utilisée par de nombreux professionnels de la prise de parole en public.

Il s’agit de diviser votre intervention en parties et de relier ces parties à des lieux connus.

Il peut s’agir par exemple de votre maison.

Exemple : En suivant une logique dans la progression de votre maison : Vous  placez votre introduction dans votre cuisine, votre développement dans le salon, votre réfutation dans la salle de bains et votre conclusion dans la chambre à coucher.

Vous pouvez bien sur adapter au lieu qui vous convient : votre rue, votre entreprise, votre ancien lycée…

Pourquoi cela fonctionne-t-il ?

Cela fonctionne car vous rattachez de l’inconnu (votre texte) a du connu (votre lieu choisi).

Le cerveau n’a aucun mal à attacher des éléments inconnus à des éléments connus.

Le jour de votre intervention, vous suivrez ce plan interne et ne serez pas perdu. Vous n’aurez aucun risque de trous de mémoire. Vous appellerez à votre esprit les lieux connus et votre texte vous reviendra par le lien précédemment établi dans votre cerveau.

Ce n’est pas tout. Vous devez bien connaitre votre sujet. On attend d’un orateur qu’il soit un expert, qu’il nous parle de ce qu’il connait bien.

Alors travaillez votre sujet, soyez bon et tentez d’être original dans vos connaissances. Ne répétez pas ce que tout un chacun a dit sur le sujet. Cherchez ailleurs. En vous.

Mettez de vous dans vos préparations

Afin que préparer vos interventions soit agréable, vous devez mettre de vous-même dans votre entrainement. Si vous répétez un texte écrit et pensé par un autre, vous ne serez pas bon. Ce contenu ne sera pas le votre. Vous devez mettre de vous dans ce que vous allez dire, c’est important car le jour ou vous prendrez la parole, votre public ressentira qu’il s’agit bien de votre cru. Il adhérera alors plus facilement si vos mots sont sentis et vécus que si vous lisez ou répétez mécaniquement un texte appris.

Vous pouvez aussi raconter une anecdote, une histoire qui vous est arrivée et qui est en lien avec votre sujet.

Ne négligez pas le non verbal, c’est-à-dire vous, votre image. L’image que vous renvoyez. Mettez vos habits du dimanche. Faites un effort particulier dans votre tenue car ces signes parlent aussi pour vous. Ou hélas quelquefois contre vous.

La veille de votre intervention, ne négligez pas votre sommeil. Être fatigué ou manquer de sommeil peut entrainer de mauvaises connexions neuronales, un esprit décalé, de la lenteur, une mauvais articulation.

Enfin, bien que cela doive être évident, si vous devez prendre la parole, ne buvez pas une seule goutte d’alcool avant.

Rien n’est pire que ces déjeuners lourds qui nous laissent dans le brouillard, la parole lente et l’esprit embrumé. Vous aurez largement le temps de vous récompenser après une prise de parole réussie.

Encore et toujours de la pratique

Plus vous préparerez vos prises de parole et moins vous aurez peur de parler en public.

Lorsque vous serez devant votre auditoire, comme vous aurez répété cette scène, vous aurez une impression de déjà vécu et là, miracle, vous aurez moins peur.

En effet, ce qui nous terrifie, c’est l’inconnu et comme nous ne sommes pas entrainés à prendre la parole en public, cet exercice qui est presque toujours nouveau nous parait terrifiant.

Si vous vous préparez et répétez vous n’aurez pas peur le jour J. Votre cerveau sera piégé, il n’aura pas peur car il aura déjà vécu cette situation par vos répétions. Il ne fera pas la différence.

C’est ainsi que dans d’autres cultures comme la culture nord américaine ou africaine ou les enfants, dès leur plus jeune âge sont entrainés à prendre la parole en public, cet exercice est pour eux naturel et agréable.

Alors répétez, entrainez vous et ne loupez aucune occasion de prendre la parole

Ne vous occupez que du plan et de la destination, pas du chemin. Votre public décidera peut être une halte par une question non prévue, allez y, dérogez, vous y gagnerez en spontanéité.

Cependant, ne vous dispersez pas trop, acceptez quelques chemins de traverse, quelques petits sentiers de campagne mais revenez sur la route et honorez les grandes étapes de votre plan. Gardez bien à l’esprit que vous êtes à Paris, que vous devez amener votre public à Nantes et que vous avez un temps limité pour ce faire.

Voyez les mauvais orateurs. Ils ont un plan précis avec un discours écrit à la virgule. Ils lisent leur texte, souvent écrit par un autre si ce sont des politiciens. Et puis, arrive le moment magique : ils sont interrompus, et là, patatras, le bel échafaudage s’effondre, ils sont perturbés car leur belle récitation est brisée net.

Ils répondent de mauvaise grâce, remettent de l’ordre dans leurs notes et tout repart de plus belle. Mais le charme est rompu. Cet orateur n’était qu’un lecteur, un perroquet.

C’est souvent à cela que l’on reconnait les bons orateurs des mauvais. A leur spontanéité. A leur capacité à répondre à tout.

Nous devons accepter d’être bousculé, cela nous permet d’apprendre de  qui nous questionne et cela nous aide à devenir meilleur orateur.

Alors lancez vous et préparez vous, vous ne participeriez pas à un marathon sans vous être entrainé. Ici c’est pareil, avant vos prises de parole, préparez vous et vous n’aurez plus peur de rien. Plus vous prendrez la parole et moins vous aurez peur.

Soignez particulièrement votre entrée et votre sortie car c’est ce que votre auditoire retiendra.

Votre entrée doit être fracassante : une anecdote, une phrase choc, un slogan. Il s’agit de capter l’attention de votre public. De même que votre sortie qui est la dernière note sur laquelle restera votre public doit être forte, marquante.

Faites vôtre ce conseil que donnait Maurice Chevalier, le grand chanteur Français à Johnny Hallyday, jeune et débutant “ Soigne toujours ton entrée. Soigne toujours ta sortie. Au milieu, tu te démerdes : tu chantes ! ”

Fin

 

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