Le trac, un ennemi qui vous veut du bien.

vendredi 25 aout 2017

«  Vous n’avez pas le trac Mademoiselle ? Ne vous inquiétez pas cela viendra… avec le talent » Sarah BERNARDT

Par cette phrase célèbre de l’actrice Sarah BERNARDT, nous déduisons que le tract est lié au talent, au travail, au sérieux, à la conscience de soi.

Sarah Bernhardt semble dire en creux :  Seuls les mauvais comédiens s’amusent à jouer, inconscients qu’ils sont, les autres travaillent et se donnent et c’est pour cela qu’ils ont le trac.

Il est vrai que de grands comédiens ou de vieux avocats disent ressentir le trac même après 30 ans de carrière.

Mais qu’est ce que le trac ?

Le trac c’est de la peur. C’est l’angoisse que l’on ressent avant d’affronter un public ou de rencontrer une situation nouvelle.

Quelles sont les raisons du trac ?

– La raison principale est la crainte d’être jugé par le public ou l’interlocuteur, d’être mal jugé.

– La peur de ne pas être à la hauteur, de ne pas se sentir légitime.

– La peur du décalage entre l’image que je pense donner de moi et l’autre, idéale à laquelle j’aimerais me conformer et à laquelle j’aimerai que l’autre adhère.

-L’enjeu lié à la situation (entretien d’embauche, premier rendez vous amoureux, prise de parole devant un large public…).

On a peur car c’est un exercice inhabituel que de s’adresser a une audience, la dernière fois qu’on l’a fait c’était probablement à l’école primaire pour réciter sa poésie.

Le nœud du problème est probablement là. Notre culture valorise l’écrit. De la maternelle à l’université, nous ne sommes entrainés qu’à écrire. C’est en 1908 que Jules Ferry supprime la rhétorique des programmes scolaires. On se méfie des tribuns, le peuple n’a nul besoin de savoir parler…Dans d’autres cultures où l’expression orale est encouragée (USA, Afrique), prendre la parole ne génère pas de drame, cela est même souvent un plaisir.

Ainsi, le trac serait lié à un manque d’entrainement. Mais alors, ces avocats et ces comédiens qui nous disent  avoir toujours le trac 30 ans après ?

Tentons d’abord de le reconnaitre pour bien l’identifier

Les principales manifestations physiques du trac :

– nausées

– palpitations

– Boule dans la gorge

– Nœud à l’estomac – paralysie

– jambes qui flanchent

– cœur qui bat très fort

– mains moites

La liste des manifestations du trac est impressionnante.

Lorsque nous subissons ses assauts, nous nous sentons alors attaqués et impuissants.

Comment honorer nos engagement si nous sommes tétanisés, car cette peur aura des conséquences sur notre prise de parole.

Les conséquences sur la prise de parole :

– les mots ne viennent plus, les phrases s’assemblent mal, les répétitions sont fréquentes,

– le débit se ralentit ou s’accélère confusément ;

– apparaissent les tics verbaux, les mots parasites :

– n’est-ce-pas,

– euh !

– je veux dire,

-si vous voulez,

– En fait

– Effectivement,

-les bafouillages, les toussotements, les raclements de gorges, les bégaiements se multiplient,

Sommes-nous tous égaux face au trac ? Il semblerait bien que non.

Il y a deux types de trac.

C’est là qu’il est probablement intéressant de distinguer deux types de trac : le bon et le mauvais trac.

Le mauvais trac est celui qui nous paralyse. Nous savons que nous avons une intervention face à un jury d’examen. Au lieu de nous lancer dans les révisions et de travailler assidument, de répéter, seul chez soi, de s’enregistrer, nous comptons les heures, nous bourrons de café ou de calmants, redoutons le jour J et le résultat est catastrophique le fameux jour J : Nous bafouillons, oublions tout nos acquis, ne regardons pas le jury, parlons comme une mitraillette pour nous débarrasser plus vite de ce que l’on a à dire. Bien sur, nous échouons.

Nous avons cédé à l’émotivité, victime de notre  imagination négative.

Voila pour le mauvais trac.

SOLUTION : Il faut coller davantage avec la réalité objective, vous n’êtes pas ridicule puisque cette fille qui vous plait vous à donné un rendez vous. Allez y, même en tremblant, mais allez y. Le pompier qui va au feu sans avoir peur peut changer de métier. Il a toujours une appréhension mais il marche sur sa peur et il y va. Cela s’appelle le courage.

Puis, le bon trac. Quel est il ? L’avocat défend un client qui risque 20 ans de prison. Il connait son dossier par cœur mais il a le trac malgré des centaines de plaidoiries à son actif. Alors pourquoi ? Car il sait que le moindre petit caillou pourrait faire dérailler la machine : un témoin inattendu, un fait grave révélé à l’audience que son client lui avait caché. Il est tendu et sur ses gardes. Une grande montée d’adrénaline l’envahit dès qu’il prend la parole. Il doit sauver son client, il y va de son honneur d’avocat.

Dans l’action il se détend peu à peu, puis prend de l’assurance et devient tout à fait à l’aise. Il a marché sur son trac et l’a vaincu. Ce dernier n’était là qu’en bon aiguillon, pour lui rappeler la force de l’enjeu.

Alors le trac, ami ou ennemi ?

Que faire contre cet ouragan qui nous ravage ?

Avant tout, bien comprendre ce que nous vivons.

Savoir que le trac n’est qu’un baromètre pour nous indiquer que l’enjeu compte pour vous. Que c’est important.

Le savoir permet de mieux se préparer.

Ensuite, appliquer les techniques qui marchent vraiment et qui sont rarement observées.

Il faut se préparer :

Il faut  bien connaitre son sujet car la peur d’être jugé est aussi la peur d’être piégé.

  • Faire un plan et l’apprendre par cœur.
  • Rédiger les points forts,
  • Préparer quelques phrases introductives et les apprendre par cœur,
  • S’entraîner (magnétophone,), le travail de répétition est un facteur déterminant,
  • Repérer les lieux,
  • Ne rien changer à ses habitudes (le trac se nourrit d’imprévu).
  • S’entrainer devant un public fictif, faire comme si on avait en face de soi un vrai public.
  • Soigner tous les détails matériels, techniques et environnementaux : (avoir des mouchoirs, une montre, une bouteille d’eau, repérer les prises électriques….)

Si on agit ainsi, on aura une lourde charge en moins.

Ne prenez pas ce menteur trop au sérieux.

Ensuite, il faut comprendre que l’on ne s’adresse JAMAIS à une foule.

Dans une foule, on ne s’adresse qu’a une seule personne, la foule unie n’existe pas, il n’y a que des individualités multiples et séparées. La foule ne se compose pas d’un seul corps de x individus. Chacun est seul, dans sa tête face à vous. Le savoir enlève beaucoup de peur. On réalise alors qu’on ne s’adresse pas à une foule d’individus ligués contre soi mais à x individus seuls.

Ne pas apprendre au dernier moment, le cerveau a besoin de temps pour mémoriser, il a besoin de digérer les informations qu’il reçoit.

Entrainez-vous au quotidien : le serveur, la caissière, le voisin, la baby Sitter,  pour tester votre impact. C’est de l’entrainement gratuit et à portée de main qui vous permettra de diminuer votre tract.

Il faut se détendre physiquement :

Avant l’intervention :

– S’hydrater.  Boire de l’eau et régulièrement se passer la langue sur les lèvres.

-Prendre conscience des muscles inutilement contractés (épaules, cou, nuque, omoplates, reins, abdomen, …).

-Les décontracter progressivement.

-Détendre le visage pour tendre vers un zen facial (muscles entourant la bouche, sourcils, joues).

Lorsque l’on respire les épaules ne doivent pas se lever, c’est le ventre qui doit gonfler. Ayez une respiration ventrale.

Il faut se détendre mentalement :

Ici, c’est notre imagination folle qui a pris les commandes, nous faisant passer une simple épreuve d’examen pour une séance de torture.

Nous avons abandonné toute notre raison et toute objectivité en nous livrant sans même résister aux démons de la peur liée à l’inconnu ou à une situation nouvelle.

C’est là que la relaxation, la méditation ou la visualisation positive pourront grandement nous aider.

Pendant l’intervention

Il faut être connecté à son auditoire et sortir de son cerveau par le regard, la connexion avec l’autre. On bafouille parce que l’on remonte dans son cerveau et on perd ainsi le contact qui est le fil du discours. Ne lâchez jamais votre public des yeux et distribuez le regard. Chacun doit être regardé comme si vous ne vous adressiez qu’a lui.

Soyez dans l’instant présent, concentrez-vous.

Le trac, un agent double, à la fois ami et ennemi.

L’Orateur doit être un meneur

Le trac est une trop grande conscience de soi.

Souciez-vous de l’autre, intéressez-vous à l’autre et votre trac sera piégé.

Les principales difficultés que l’on rencontre résident dans l’image infériorisée que l’on peut avoir de soi qui se traduisent par de la “timidité”.

L’Astuce anti trac, c’est de ne pas focaliser le stress sur soi, mais sur ce que l’on peut apporter au public qui nous écoute. Oublier sa prestation ne penser qu’à ce que l’on doit donner. Soyez généreux et cesser de  focaliser sur votre petite personne.

Nous devons aussi et c’est peut être là l’essentiel, avoir du recul et de l’humour ; ne pas prendre ce trac qui nous emballe trop au sérieux. Il faut un peu lui dire ” Ok, et après ?” et le laisser nous envahir, sans nous défendre. Le trac va alors diminuer, faute d’être nourri.

Si vous êtes attaqué

Renvoyer la balle, si possible en répondant par une question

Ayez de l’humour et rappelez vous : « J’ai ri et me voila désarmé »

Anticipez ce que vous redoutez le plus. Maitrisez votre sujet.

Interrogez vous. «  De quoi ai-je vraiment peur ? Qu’est ce que je redoute au fond ? » En fonction des réponses, anticipez ce que vous craignez, sachez que l’humilité de reconnaitre que l’on ne sait pas tout est souvent apprécié.

Préparez alors des réponses types face à ce que vous redoutez le plus « Je vais me documenter, en effet, cet aspect existe, merci de me le signaler ».

L’écoute désamorce souvent la colère de l’autre qui n’avait que le besoin d’être écouté.

Si vous ne vous fiez pas à votre mémoire, il existe des stratégies très efficaces comme la mémoire du palais qui consiste à baliser et calquer tout son discours sur un circuit très connu ( votre maison, votre village, votre bureau).

Aimez votre public, dominez le au sens noble du terme, emportez le.

Comme un chef d’orchestre offre une symphonie, vous êtes la pour offrir votre musique à vous, la vôtre, toujours unique.

FIN

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