Veni vidi vici ou la règle du trio gagnant en art oratoire.

Vendredi 18 aout 2017

 

« Thèse, antithèse, synthèse », « liberté, égalité, fraternité », « bleu blanc rouge », « au nom du père, du fils et du saint esprit » «  le beau,  le bien, le vrai » «  Le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple », « Sexe, drogue et rock’n’roll roll », « passé, présent, avenir », « sujet, verbe, complément »… Nous pourrions prolonger la liste.

L’art oratoire est régi par le nombre 3 qui incarne la synthèse, l’équilibre, la 3ème voie.

Pourquoi la règle de trois est si pertinente en rhétorique 1 ?

Probablement car elle nous rappelle la règle du syllogisme.

le syllogisme est un raisonnement logique à deux propositions (également appelées prémisses) qui amènent à une conclusion. Par exemple, Tous les hommes ont étés des enfants, or Georges est un homme donc Georges a été un enfant est un syllogisme ;

les deux prémisses (dites « majeure » et « mineure ») sont des propositions données et supposées vraies, le syllogisme permettant de valider la véracité formelle de la conclusion  : Tous les hommes ont été des enfants.

Dans les discours, cette règle rhétorique fait mouche car nous sentons sa logique profonde. Et cela, même en dehors du syllogisme, appliquer la règle de trois pour les arguments ou simplement les adjectifs percute.

La sainte trinité du verbe.

C’est le Général de Gaulle à Montréal qui dit à son auditoire : «  J’ai constaté quel immense effort de progrès, de développement et d’affranchissement, vous accomplissez

La règle de trois peut être plus efficace encore si elle opère un crescendo et qu’à la forme s’ajoute le fond.

Ici, Cyrano de Bergerac, dans la tirade pour décrire son nez qui est très long, opère un crescendo, il utilise la règle de trois et nous dit : « c’est un roc, un cap, une péninsule ».

Vous pouvez alors, afin d’être percutant, réduire vos remarques en 3 adjectifs.

Exemple : Plutôt que de dire : «  Ce rapport est plein de lacunes, il y manque de nombreuses données et certaines sont mêmes erronées. » dire   : «  Ce rapport est bâclé, incomplet et mensonger » aura plus d’impact.

Utiliser la règle de trois a d’autres vertus. Cela nous permet de nous limiter dans nos énumérations qui sont souvent longues et ennuyeuses, cela structure notre pensée comme c’est le cas pour l’écrit avec la thèse antithèse, synthèse.

De plus, cela est agréable à l’oreille qui a une impression de juste mesure, un sentiment de ni trop ni trop peu.

Le nombre 3 a quelque chose de profondément rassurant. Il nous sort du dualisme : je pense blanc, l’autre pense noir et voila le magique 3 qui nous dit gris et met tout le monde d’accord. Sa légitimité s’appuie davantage en cela qu’il nous sort du manichéisme noir blanc.

La troisième voie, le 3ème homme sont toujours des recours, des solutions miracles quand tout semblé bouché.

Nous pouvons aller plus loin en constatant qu’en rhétorique, la règle de trois s’applique à d’autres domaines de l’art de bien parler.

Le trois sort du dualisme et du manichéisme, il est gage d’équilibre.

Cicéron définit au nombre de trois les qualités d’un bon orateur :

L’ethos  C’est la carte d’identité de l’orateur. Qui est il  ? Quelles sont ses compétences pour s’exprimer ? Pourquoi parle-t-il ? Quelle est sa légitimité ? La confiance liée à l’honnêteté de l’orateur constitue l’éthos. Si vous n’avez pas confiance en un orateur, parce que vous pensez qu’il est malhonnête, vous n’allez pas l’écouter, même s’il parle bien. L’honnêteté de l’orateur est la plus efficace des preuves.

Le logos : C’est le nombre d’arguments logiques. La capacité à les défendre.

L’orateur doit ordonner ses arguments.

Le mieux est de varier les arguments : un argument d’autorité : « Tel grand personnage a  dit », puis un argument chiffré, et enfin un argument affectif.

Le pathos : C’est l’ensemble des sentiments et passions sur lesquels l’orateur va jouer.

Quand quelqu’un va vous demander de l’argent dans la rue, il va jouer sur votre pathos. Il ne va pas vous dire : “Donnez-moi 50  centimes car vu vos vêtements cela ne doit pas être grand-chose pour vous.

Il vous dira «  j’ai 2 enfants qui grelottent, je n’ai pas mangé depuis hier ».

Le pathos est l’ensemble des émotions de votre public.

Avoir une prestation  réussie, c’est être capable de remplir le triple contrat de l’Ethos, Logos et le Pathos,  les trois mousquetaires de l’orateur.

Mais continuons,

De même il existe trois genres de discours oratoire :

– le  délibératif : lorsque nous voulons persuader ou dissuader

– le démonstratif. : Qui a pour objet la louange ou le blâme

– le judiciaire : lorsque nous accusons ou défendons

Plus encore, la rhétorique se divise en trois parties :

l’invention : C’est l’amorce du discours, l’entrée en matière

la disposition : qui organise le plan du discours, c’est le corps du discours

l’élocution : c’est la mise en forme du discours : figures de style, images…..

Ainsi, lorsque vous voulez vous exprimer, qui plus est devant un auditoire, ayez à l’esprit le « jamais deux sans trois » et pour être tout a fait complet, utilisez une dernière règle, celle de la magie des 3 C : soyez clair, court et concret  Je dis que je vais le dire, je le dis, je dis que je l’ai dit.

FIN

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1   rhétorique

 

 

 

 

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